12 juin : Negreira - Olveiroa
Le paysage du jour
La première partie de la journée me conduit d'abord dans un bois puis au milieu de jeunes eucalyptus et digitales, couverts de rosée. Superbe. Les traces des incendies s'estompent.
Les rencontres du jour
Au bistrot de Piaxe (Vilaserio?), je retrouve un couple -la quarantaine- qui était à l'auberge la veille. Ils se sont levés aux aurores. Elle est française et lui sud-américain. Ils communiquent en espagnol. Lui est tatoué, a les cheveux longs et un bourdon magnifique sculpté et orné de plumes. Ils repartent aussitôt après pour le Camino de la Plata. Vacances actives. Dans ce même bistrot, je rencontre Victor avec qui je partage mes fruits secs. Nous nous séparons puis retrouvons aussitôt. D'accord, on fait la route ensemble une bonne partie de l'étape. Il vit et travaille à Ciudadreal et est fonctionnaire à l'université. Hormis son discours anti-catalaniste primaire (= identificacion primaria = disculpa amigo!), il est agréable et très charmant. Mais bien qu'il marche plus que bien, il veut s'arrêter à nouveau après le pique-nique. Au lieu de négocier, je file. No comment.
A Olveiroa, je partage mon repas avec Michael et les français. Ils sont décidément bien sympas. Des cathos décomplexés. Leur chemin était un projet de copains commencé depuis trois ou quatre ans du Puy. Les copains ont varié. Seuls Aymeric et Charles ont fait toutes les étapes. Aymeric raconte comment les premières années, à son retour, il partait marcher pour marcher dans Paris, peu importe où ses pas le menaient. Je sens chez Aymeric un vrai lâcher-prise, détente et abandon. Cet état-là est vraiment beau. Au détour d'une conversation, Michael ouvre son carnet de route, des dessins d'églises merveilleux le ponctuent. Il ne s'attarde pas. Humble. Ah, ce Michael.
L’aventure du jour
Dans un hameau nous rencontrons deux vieilles dames portant de beaux chapeaux de paille. Victor leur adresse la parole. La plus âgée lui répond : « Et quel profil tu préfères? Celui-ci ou celui-là?! Ils rient. Elle prend la pose. Il la photographie. Nous la remercions.
Les détails insolites du jour
Je traverse le Concello (Communauté de communes ou Pays) de Mazaricos! Une pensée pour mes copines Amèlia et Alba. Enfin, j'avais pas attendu ce moment. J'avais pensé fort à Alba la nuit passée à San Roman aussi!
Les trottoirs d'Olveiroa sont de granit, magnifiques, mais si irréguliers qu'on ne peut y marcher. Les artisans ont dessiné au sol une concha ou un soleil.
L'auberge répartie dans trois bâtiments traditionnels est exquise. Les choix de couleurs (gris granit et bleu turquoise) et de mobilier urbain contemporain très justes et surprenants. Les candélabres de facture ultra citadine côtoient les bruits et odeurs de l'étable voisine. J'adore. Le restau où nous partageons le repas est très contemporain aussi. Parallèlement les agriculteurs et trices que nous croisons portent sur eux la tradition, vêtement sombre, chapeau de paille. Peut-être, le barrage hydro-électrique et les éoliennes aidant, la commune s'est-elle retrouvée riche assez récemment? Un mélange de modernité et de tradition détonnant.
La photo fleur bleue du jour
Plat typique galicien : parillada de viandes de porc et choux-papas.
Plus tôt, pause plus austère dans un cimetière surpeuplé. De l'eau et de l'ombre. Pour moi, la vie est là.
L’humeur du jour
La chaleur est vite assez écrasante, les portions plates monotones, l'étape est un peu longue et lassante aujourd'hui.
Le conseil pratique du jour
Pèlerin(e), quand tu marches avec un gars sympa, arrêtes-toi donc au café avec lui autant de fois qu'il le veut. A deux, c'est toujours mieux.