8 mai : Meakaur - Bilbao (pausita)
Surréalisme. n.m.
Automatisme psychique pur, par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de tout autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale.
Le paysage du jour
Bilbao depuis le Monte Avril.
Les rencontres du jour
Jean-Pierre et moi marchons tout le jour ensemble. Nous nous accordons. Il marche d’un bon pas et me donne ce rythme, qui me fait tant défaut. Il a cette sagesse qui hésite entre fatalisme et confiance, celle que seul le temps offre. Un bon compagnon que je laisse partir le jour suivant un peu à regret, mais une pause s’impose.

A l’albergue, je rencontre Antonio le brésilien, très méthodique et mystérieux (il parle peu, par aphorismes !); je l’imagine très inspiré par Paolo Coelho ! Il me donnera ce soir-là (ou plus tard à Pobeña ?), un conseil qui plaira aux féministes : « Quien piensa, no se casa ». Sans commentaire. Il doit avoir raison.
Je rencontre René et Danièle, des varois, les seuls cathos un peu intégristes du périple. Nous visiterons la cathédrale Saint-Jacques ensemble le lendemain. Il leur arrive un imprévu de taille : leur carte bancaire est avalée dans un distributeur. Trois jours coincés à Bilbao.
Je rencontre là aussi deux autres français, des baroudeurs, cadres chez EDF, qui eux prient plus aisément Saint Décathlon et Sainte Quechua que Saint Roch et Saint Jacques !
L’aventure du jour
L’auberge est complète, nous dormons dans le gymnase attenant, à l’abri de la pluie sous la verrière.
Le détail du jour
Le drapeau basque en berne en mairie de Lezama.
La photo fleur bleue du jour
Le temps des cerises au Guggenheim.
L’humeur du jour
On avance, on avance, on avance,
C’est une évidence,
on n’a pas assez d’essence
pour faire la route dans l’autre sens
Faut qu’on avance.
L’expression du jour
Surréalisme. Voir ci-dessus.

Le conseil pratique du jour
L’auberge de Lezama n’ouvrait que mi-juin ce qui a compliqué le découpage de ces derniers jours. L’albergue Bilbao Aterpetxea est située dans les faubourgs de Bilbao à trois kilomètres du centre, entre barres et tours, très surréaliste ! Un peu loin mais sympa.
L’autre conseil du jour. Pèlerin(e), ne retires pas d’argent la veille d’un week-end. Et retires de préférences dans une agence ouverte. Histoire d’éviter la mésaventure des varois, restés à quai trois jours durant pour s’être fait mangé leur CB par un cajero gourmand.