11 mai : Pobeña - Castro Urdiales
Paul Claudel
Les paysages du jour
Le chemin côtier au départ de Pobeña, juste grandiose. Quelques éoliennes off-shore. J’aime.
Le port de Castro Urdiales. De loin comme de près. Sur la place à l’arrière du port, les voisins sont endimanchés, ils boivent l’apéro au son d’une harmonie. Très vieillot – après le moderne et riche pays basque - mais très gai.
Les rencontres du jour
Un espagnol, Marcelino (urteberri on!), assez pittoresque qui se balade et cherche des escargots, nous aborde – Olive et moi – et vite les deux gars se font complices. En ce jour de Pentecôte, l’esprit est descendu sur notre compagnon : nous aurons droit à pas mal de dictons graveleux… le bonhomme n’en demeure pas moins sympathique. Il porte sur lui sa créanciale, certainement s’interroge-t-il pour un nouveau départ ?
Olivier aussi est chouette, il a un très bon espagnol (il a vécu en Andalousie avec son amie quelques années). J’aimerais bien continuer un peu le chemin avec lui mais je marche lentement. Lui marche comme cheval au vent, brides lâchées. Il poursuivra son étape jusqu’à Islares après avoir partagé une bière et une parillade de poissons. Sans regret : je m’écoute désormais.
Luis est l’hospitalero du jour. Nous discutons un moment autour d’une bière. Il a la trentaine, le reste du temps il est berger (il a 6 brebis). Sa chienne, une jolie border colley, s’appelle Morena, mais il l’appelle « mi gitana ». Il a les yeux fous, il s’en sert comme Zapatero pour hypnotiser ses victimes ! j’y échappe. Ouf !
Willy m’offre un restau italien : és que necesito comer pastas. Il est belge, a été pilote d’avion, puis a fait des affaires au Congo, et enfin fini sa carrière comme négociant de tabac. Il se plaint à plusieurs reprises de la présence de fumeurs dans le restau !
L’aventure du jour
La pente boueuse et piquante au plus fort pourcentage de tout mon Camino. Olivier, en honorable gentleman, me prête son bâton : épique !
Le détail insolite du jour
Même les stations service roulent pour Santiago !
La photo fleur bleue du jour
Neptune surveillant une crique. La bande sonore : chansons des 70’s. Pique-nique au soleil sur le banc d’un bistrot avec un gars sympa. Paisible. Relax (j’en suis donc capable !).
L’humeur du jour
Paisible et réjouie. Libre ? bientôt !
Le conseil pratique du jour
Olivier voulait prendre la route entre Ontón et Castro. Je l’ai suivi. Qu’est ce que je ferai pas pour un beau gars ? Ceci dit peut-être l’aurais-je fais seule aussi : le tracé proposé est quasiment deux foix plus long. Ne jamais dire jamais. A propos de la route, en tous cas. Pour le Camino, c’est autre chose : nuncamais.