21 mai : Llanes - Ribadesella
Le paysage du jour
La côte en quittant Llanes au petit matin avec Michel et Carmelo qui sont nos guides. Ils viennent ici depuis longtemps et connaissent le coin sur le bout des doigts (de pieds, ça va sans dire). J’ai la chance de les suivre hors chemin officiel qui lui passe plus à l’intérieur des terres. Merci les gardois.

Les rencontres du jour
Les Marie. Marie-Josée et Marie-Antoinette. Elles m’assassinent littéralement. L’étape sera longue. Je me retrouve à marcher avec elles alors que Michael et les gardois volent déjà devant. Il se trouve qu’elles voleront aussi. Marie-Antoinette vient de prendre sa retraite de la fonction publique territoriale. Elle est très rigoureuse, me conseille sur l’emploi, la marche. Agréable et méthodique dame. Et souffre d’ampoules, ce qui ne l’empêche pas d’avancer en tête et à un rythme impressionnant. Quatre heures sans pause ! Marie-Josée a eu un grave accident de moto qui lui a laissé des séquelles, chaque pas lui coûte. Châpeau Mesdames. Aujourd’hui je prends une leçon de volonté et de dépassement de la douleur.
San Martin. Nous arrivons en même temps à l’auberge de Ribadesella. Il est polonais. Il porte un pantalon treillis et jure à chaque phrase. Carabiné le gars. Je suis un peu sur mes gardes et en même temps curieuse. Il a un bon anglais avec un accent polonais à couper au couteau. Nous mangerons ensemble nos restes avant de jouer au billard en compagnie de Michael. J’aime tellement pas ça que je ne sais même plus qui a gagné ! Et je m’en fous. Je suis pas là pour ça. Qu’est-ce que je fais-là ? Au lit !
L’aventure du jour
Le billard sûrement !
Les détaux insolites du jour
L’albergue juvenil Roberto Frassinelli a les pieds dans l’eau. La fenêtre de ma chambre donne sur l’océan. Je suis seule. Je dors la fenêtre ouverte. Le rythme tranquille et déterminé, puissant et sans fin des vagues, le souffle de la Terre, constitue une des raisons pour lesquelles j’ai choisi ce chemin du Nord, loin des suffocations de ma Méditerranée.
Autre détail d’importance, le village de Pria, que nous traversons en milieu d’après-midi, constitue peu ou prou la moitié de la distance à parcourir. Un seuil symbolique. Bon pour le moral.
Enfin, une découverte, l'asturien aussi demande à être parlé :
La photo fleur bleue du jour
Des fleurs blanches ! au premier plan de l’église San Vicente de Poo (style colonial mexicain).
L’humeur du jour
Un peu énervée, j’ai voulu suivre un rythme qui n’étais pas le mien. Résultat j’arrive avec une douleur dans le genou droit. Je suis déchirée : comment trancher entre 1/ une solitude parfois pesante mais où je vais à mon rythme -au risque qu’il soit trop lent -, et l’association à des pèlerins avec qui le partage adoucit la marche, au risque de forcer le corps ? Dilemme.
Et puis ce billard. J’ai envie de rester avec les gars, un peu badboys mais jeunes, enfin. Mais je joue à contrecœur, j’aime pas ça. Tout ça pour être sociable.
Et puis l’orage. Et puis Ribadesella qui est une belle ville et dont je ne profiterai pas. En arrivant tard et avec la fatigue, je n’ai souvent pas le temps de visiter. Je ne reviendrai probablement pas. C’est frustrant.
Bref, insatisfaite, contrariée, agacée (après moi-même).
D’accord, d’accord, d’accord.
[Capitulez, aimez ! dit Yves de Hauteville].
Soyez passant !
Le conseil pratique du jour
Il faut que tu respires ! Et ça c’est rien de le dire.