20 mai : Colombres - Llanes
Le paysage du jour
L’étape est très belle. De bout en bout. Je retiendrai cette plage à la sortie de la Franca. Le vert des algues à marée basse. Les contrastes. Le sable blanc grignoté par le retrait des eaux, le calcaire saillant, cet îlot loin de tout… Le ciel bleu. O merveille. Mais aussi le piémont des Picos de Europa qui rappellent la Réunion (l’idée que j’en ai), des montagnes herbues, raides, qui viennent se jeter dans la mer ; cette plage parfaite que nous découvrons avec vertige et Christian du haut de la falaise… Ce passage entre vaches asturianas et pommiers, eucalyptus et genêt scorpion. Cette rivière limpidissime traversée sur un pont de bois élancé, aux courbes pures… La nature en pur don.






La rencontre du jour
La rencontre c’est Michael, mine de rien. Nous avons rendez-vous avec les gardois, Marc et Christine pour fêter leur départ (ils s’arrêtent à Ribadesella). Là trois djeuns sont aussi au rendez-vous. Julie (je crois), une québécoise qu’a des ampoules, Pedro son ami d’Amérique centrale, et Michael, un allemand grand, sec et blond. Et charmant. En revenant vers l’albergue, une gare aménagée, nous envisageons une étape en bateau, une étape maritime, une vraie puisque ce chemin est dit côtier. Trop de terre, pas assez de mer, nous sommes d’accord. Nous y rêvons ensemble et nous donnons rendez-vous les jours à venir...
Christian est un jeune retraité de la police. Il programme de restaurer sa maison dans le massif central au retour. Nous partons les derniers ce matin. La flemme. Il téléphone en marchant. Ça m’énerve. Je m’arrête de marcher à deux reprises et le laisse filer devant. Il sera un bon guide aujourd’hui. Son pas me convient. Je le convainc de manger avec les autrichiens et Félix, que nous rencontrons à plusieurs reprises. Ils rient beaucoup. J’ai envie de passer un peu de temps avec eux. C’est difficile, la langue, l’âge, l’envie surtout. Enfin, nous y parvenons.
Le soir à l’Estación, je décide de partir tôt demain.



L’aventure du jour
Nous goûtons au cidre asturianu en collectif. Un seul verre qui tourne. Un serveur qui le verse de très haut, sans regarder où tombe le liquide. Une rigole au pied du bar. Et un tour de main sec pour « laver » le verre avec la dernière goûte. Mais où sont-ils allés chercher une pratique pareille, ces asturiens ?
Le détail insolite du jour
Alors que nous nous pausons à la Franca, Christian discute avec une voisine. Elle lui offre deux citrons. Nous en partagerons un citron entre nous cinq, assaisonné d’un peu de sucre récupéré dans un café. Et la vue, plein large, grand océan. Le goût du partage. Pas acide du tout.
La photo fleur bleue du jour
… Est une maison bleue à Andrin. A l’étage un panneau : « Alquiler 629 15 71 07 ». Et pourquoi, je ne rêverai pas, mhh ?

L’humeur du jour
Variaple.
Le conseil pratique du jour
Pèlerin(e), sache que le langage pèlerin est diplomate ; il ne parle pas politique, pas même social, et n’a pas de convictions. En dehors de la fraternité.
D’accord. D’accord. D’accord.