7 juin : Melide - Santa Irene

Publié le par Mélanie






 






































Le paysage du jour

Retrouvailles avec les eucalyptus, monumentaux désormais, et les larges pistes forestières qui servent le Camino. Découverte de la surfréquentation pérégrine, ses tags qui recouvrent le moindre panneau signalétique, « J'y étais », ses poubelles débordantes, ses mojones de vieux granit délavés et usés. Un bon contre-exemple de gestion touristique, puisqu'il semble juste de parler de tourisme dans cette portion-ci du Camino (oui, et je m'en fous).

 












































Les rencontres du jour

Quelques kilomètres après ma sortie solitaire de Melide, me rejoignent d'un bon pas Marie-Josée et Guy. Elle est québecoise et lui français (c'est son deuxième ou troisième Camino et par ailleurs connaît bien le cafetier d'Olette, Trogno, c'est pas terriple?), ils marchent ensemble depuis dix-huit jours (?). Ils me content leur Camino Frances. Partis depuis Saint-Jean Pied de Port, ils ont eu froid et beaucoup de pluie. Nous rirons beaucoup jusqu'à Arzùa où nous nous quittons, à regrets pour ma part ; ils s'y arrêtent pour la nuit. Je découvre avec eux le rythme frances.




































A peine faits cent mètres, je bute sur un petit groupe. Edith dont le canotier s'envole chaque cent mètres est belge francophone (wallone en somme) et vit au Lichtenstein. Ses amis, quatre ou cinq, sont tous allemands. Elle traduit nos conversations. Ils marchent de façon très irrégulière, très vite puis s'arrêtent coup sur coup pour un oui un non, bref ce que je fais quand je suis seule! Ils interpellent un ancien pour le prendre en photo, ce que je n'ose pas faire et j'ai bien tord sans doute. L'une de ses amies me fait part de l'habitude qu'elle a pris de déposer pierre ou végétal sur chaque moj
ón qu'elle passe. Une prière pour chaque personne aimée. Ce petit groupe bucolique m'amuse bien. Ils m'offrent un verre. Le Camino francès tel que je l'imaginais, plus sympa même.

Le soir dans le dortoir à l'albergue de Santa Irene, tous les visages sont nouveaux : je suis la seule française au milieu de sept allemands. Mes voisines que je reverrai à plusieurs reprises sont deux soeurs bien sympas. Malgré la langue, nous échangeons le minimum. Ah, que ne parle-je pas un traitre mot d'allemand ?

Il y a un père et sa fille qui ont l'air sympa, un autre gars la cinquantaine et qui mangent dehors, allemands également!

Je discute un peu en espagnol, autour d'un thé, avec un gars qui vit à Barcelone et qui a fait une saison de vendanges dans les PO.

Enfin, l'hospitalera du jour me déconseille d'arriver le lendemain un dimanche à Santiago, « demasiado turistas » me dit-elle, « yo no lo haria ». J'hésite et finirai par l'écouter. La surfréquentation j'en ai connu un rayon, c'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi de ne pas suivre le Camino frances, pourquoi s'obstiner ?

 

L’aventure du jour

La seule église ouverte du Camino (ou quasi). A Boente, une personne se tient dans la sacristie et accueille les pèlerins, appose le sello et distribue des cartes pieuses. La chapelle est dédiée à Santiago et à Notre-Dame de la Salette en Isère, qui est apparue à une Mélanie. Ce qui est doublement suffisamment rare pour être noté ici.

 

Et comme pour conforter l'impression de totale désafection de l'église catholique du Camino, voilà qu'en marchant ce matin avec Marie-Josée et Guy, nous dépassons au sortir d'un village, sur le trottoir d'A Peroxa ou encore de Castañeda, un kiosque derrière lequel se tiennent deux hommes en costard. L'un d'eux m'accoste et me tend une brochure en français : « Vers la fin des souffrances? ». La nature ayant horreur du vide, les témoins de Jéhova eux sont sur le terrain et trouvent les mots justes!

 

 

Le détail insolite du jour

Avec le menu comiquement articulé à l'extrême par le serveur du restau à Santa Irene, un autre signe de surfréquentation pérégrine avérée : une demande de respect.

 

 































La photo fleur bleue du jour

Pardonnez-moi Edith, mais je ne résiste pas.














































L'autre photo fleur bleue c'est celle d'une cigogne, elles sont nombreuses paraît-il sur le Camino Francès mais c'est la seule que je verrai moi, qui claquète du bec à mon approche et s'envole pour revenir à son nid, ici à quelques mètres seulement du chemin. Et comme le jour où je suis née une cigogne est vraiment passée à Prades (à mois que ce ne soit une légende?), peut-être y a-t-il de la naissance dans l'air? La mienne peut-être ? Un jour si ce n'est celui-là même?

 













































L’humeur du jour

Pour la seconde fois, je me suis fait mal aujourd'hui, j'ai voulu marcher trop et trop vite. Mes muscles crient. Que ne le savais-tu pas Mélanie ? Encore et encore tu t'infliges ce qui te fait souffrir? Quand sera-tu enfin juste et bonne pour toi-même, mujer?

 

L’expression du jour

« No kiero ser perfecta »

 













































Le conseil pratique du jour

L'auberge de Santa Irene est très sommaire, ce qui passe, mais surtout elle est collée à une quatre voie, et ça ça ne passe pas. Pélerin(e), préfères-lui l'albergue de Ribadiso da Baixo, une des nombreuses albergues d'Arzùa ou encore l'albergue privé donc plus cher mais aux bons echos de Santa Irene, ou encore tires jusqu'à O Pedrouzo, 3km plus loin. Ici les alternatives ne manquent pas.

 Et encore plus pratique : c'est toujours bien d'avoir quelques sachets de thé ou café liophylisé dans son sac. Parfois, comme ici, ça réchauffe aussi le coeur.

 

 

 





































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Publié dans Mi Camino dia a dia

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