9 juin : LLEGADA Monte do Gozo - Santiago de Compostela

Publié le par Mélanie

 



































Le paysage du jour

Evidemment la place de l'Obradorio et la façade baroque de la cathédrale. J'arrive seule à 9h00 tapantes sur la place quasi-déserte et ensoleillée. Cadeau. Tout au long du jour, les pas des pèlerins les mènent et les ramènent sur la place. Beaucoup s'asseoient à même le sol pour prendre le temps de contempler.

Pour des raisons techniques indépendantes de ma volonté, je ne suis pas en mesure de vous montrer de photos.


































Le coeur de la cathédrale et son maître-autel tout de dorure est bien le trésor qui m'a fait me lever. J'ai pu en douter souvent. Même s'il n'est que symbolique, même si la présence du saint n'est que légendaire qu'importe. En observant les photos, comment ne pas s'avouer quelque mystérieux sentiment d'intimité, d'intériorité. L'approche du trésor, la vue de l'icône, l'instant volé où j'embrasse l'apôtre ne peuvent pas laisser de place au scepticisme. La communion est réelle, sans effusion mais réelle.

Pour des raisons tout à fait dépendantes de ma volonté, vous ne verrez pas ici de photos. Mieux vaut VOIR et SENTIR avec ses propres yeux, sa propre présence. Je sais, c'est du sabotage. Mais c'est aussi maintenir le suspens, l'envie de s'y rendre, la surprise à l'arrivée.  Prendre soin de ses nourritures avant de se mettre en route m'avait paru important et a payé. (Pfff, la vérité c'est que mes photos sont très mauvaises!).


Je ne verrai pas le portique de la gloria, en travaux; j'entre-aperçois de trois-quarts la statue du Santiago mais pas celle du Christ, pas celle des centaines de prophètes accueillants. Je ne placerai pas rituellement mes doigts dans le meneau en invoquant Santiago, ne cognerai pas mon front au Santo dos Croques.




 








































Les rencontres du jour

Dans la matinée, je retrouve San Martin qui me mène à San Miguel. Nouvelle Joie. J'apprécie Michael (Quelle classe faut dire).  Il me fait rire, il est taquin. Il me présente Daniel un autre jeune allemand, il arbore le sourire du prophète, celui du portique de la Gloria. Mais celui-ci est vivant. Tous les quatre, nous logerons au seminario minor. Daniel dans le dortoir jouxtant le mien et jouissant donc des mêmes insupportables ronfleurs et tousseurs de la nuit. Et San Martin se retrouve dans le lit voisin du mien! Mais lui repars demain pour Fisterra.

Je retrouve aussi la merveilleuse Arlette et son amie Thérèse avec qui nous avions partagé un repas à la sortie de Bilbao.

Et partout, j'entends, je vois des retrouvailles, les compagnons de route s'interpellent, s'exclament, se mettent en quête de nouvelles...

 














































L’aventure du jour

A mon arrivée, la cathédrale n'est pas encore ouverte pour aller saluer l'Apôtre. Voyant des grooms devant l'Hostal de los Reyes Catolicos, je décide soudain, sans l'avoir programmé, d'aller me renseigner sur la rumeur qui court. Selon ce que je sais de certains pèlerins, l'hôtel offre l'hospitalité aux dix premiers pèlerins arrivés. Je tente ma chance. Le groom que j'aborde me renvoie sur un autre employé posté dans le garage. A ce moment-là, une espagnole et un allemand me rejoignent. Et nous voilà tous trois introduits avec notre précieux laisser-passer, incrédules, chaussures de montagne aux pieds et sac au dos, dans un parador de luxe!

Nous partageons un petit-déjeuner très gai avec deux jeunes coréennes, deux allemands dont l'ami de Lluis (que j'avais déjà retrouvé à mon entrée par la Puerta del Camino et empressé de perdre pour tout dire), et un danois.

Je suis pleine de gratitude. Après les grandes théories sur l'hospitalité (dans mon mémoire de fin d'études, je cite une analyse linguistique de Lanza del Vasto sur les termes hôte et hospitalité), la voilà mise en pratique. Et ce d'autant que ce matin a été le seul et unique jour de tout le Camino où je suis partie à jeûn (le petit dej' c'est sacré). Alors certes Santiago se touristifie, le Camino n'est plus porté par la dévotion, mais ici les plus riches ouvrent encore leur porte à ceux qui se sont faits pauvres.

Je vois dans cette aventure-là un vrai signe de Dieu. Moi qui en grande timide et surtout grande orgueilleuse craint tant de demander, d'être mal reçue, de déranger, de m'entendre dire non... Arriver à Santiago sur cette marque d'accueil m'a profondément touchée. Définitivement, aie la foi ma fille, demandes et tu obtiendras.

 




















































































































































Le détail insolite du jour

Coupe d'Europe oblige, le deuxième soir, je me laisse persuader de suivre mes amis San Miguel et Daniel dans un restau très animé qui retransmet le match Espagne – Russie. Tout arrive. Bien sûr, nous soutenons l'Espagne, avons-nous bien le choix?

Oui toujours.

 

La photo fleur bleue du jour

Depuis le Seminario Minor, la vue sur la ville blanche est superbe, le coucher de soleil tout autant. 







L’humeur du jour

La gratitude et la joie pour ce beau jour d'arrivée, pour l'hospitalité du lieu, les retrouvailles avec San Miguel. Je remercie le Seigneur de m'être autorisée d'arriver sans souci de santé. Je suis aussi assez sonnée.

La sagesse du jour

Je reste deux jours seulement à Santiago avant de repartir pour le Cabo Fisterra.

Le second soir, je me rends après le repas à une soirée d'Oracion, de prière, organisé par l'évêché de Santiago. Des livrets de prière de toutes les couleurs et dans toutes les langues sont distribués aux présents. Nous sommes une quinzaine installés en rond dans l'une des chapelles de la cathédrale, celle de la Virgen del Carmen, si je me souviens. Nous lisons différents passage de la Bible, celui où Dieu dit à Abraham « Va dans le pays que je te montrerai » bien sûr, un psaume lu à tour de rôle chacun dans sa langue, puis un passage sur la tour de Babel et la Pentecôte. Ces temps de lecture sont suivis de partages. Il y là plusieurs femmes italiennes, un anglais, une jeune française, un couple français venu avec un âne, un couple d'espagnols dont la dame a souffert d'une tendinite les dix derniers jours... C'est très simple et très émouvant. Nous terminons par un Salve Regina timide puis descendons dans la crypte prier devant les reliques de l'Apôtre.

Ce moment très simple et sans prétention m'a nourri. Je suis heureuse de l'avoir vécu.

 

Le conseil pratique du jour

Le mardi, je me rends au marché, puis au musée des pérégrinations, très complet et vivant. Prends-le temps, pèlerin(e) de savourer cette ville de retrouvailles.

 


 

 


 

 

 

 

Et une pensée (pas pour les proches, oups mauvaise fille), mais pour ceux avec qui j'ai cheminé un petit bout de chemin (ici les aixois, les chicas, et les canarios).


 

 

 

 

 

 




















 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'expression du jour

Dans l'évangile, le Christ, le Verbe Incarné dit "Je suis l'Alfa et l'Oméga".
A Santiago, le sculpteur lui fait dire "Je suis l'Oméga et l'Alfa".
C'est dans la fin qu'est le germe du commencement.





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Publié dans Mi Camino dia a dia

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