1er juin : La Mesa - Grandas de Salime

Publié le par Mélanie

 

Le paysage du jour

L'étape est courte. Elle consiste à changer de rive et de plateau. De la Mesa, nous descendons raide et pour finir par de larges lacets sur l'embalse (barrage) de Salime. Malgré le brouillard, l'eau se laisse apercevoir à quelques reprises. Mais la large vue sur l'immense étendue d'eau ne nous est offerte que depuis le tablier de l'ouvrage puis depuis quelques belvédères dans la remontée. Le lac artificiel a recouvert des villages entiers. En aval du barrage, des constructions grises et anarchiques donnent à penser à des entrées de galeries de mines. Et en amont, des maisons fantômes. Des édifices blancs aux fenêtres éventrées, vides d'habitants. Antonio suppose que le barrage a été construit par des prisonniers politiques pendant la dictature. Le soir, le cafetier lui donnera raison.



La rencontre du jour

Dans la descente vers le barrage, alors que nous marchons tous les trois ensemble, nous rencontrons un pèlerin qui marche à rebrousse chemin. Il est breton et tente de remonter jusque vers les Landes. A ce moment-là il craque un peu : la difficulté à trouver les marques, la boue, la pente... il nous dit son découragement. Désormais il suivra la route nous dit-il.

Au « Francisquin » je me rends pour faire tamponner ma créanciale. Là je trouve le patron en grande discussion avec Antonio, le tout devant une dame très déshabillée au mur. Il lui conte une fusillade ayant eu lieu sur le Puerto del Acebo – que nous franchirons demain -. Une dizaine de républicains, dont bon nombre de galiciens, ont été pris en embuscade pendant la guerre civile. Et fusillés. Comme dans d'autres lieux d'Espagne, les historiens achèvent seulement de reconstituer les faits et de mettre à jour la fosse commune. Une plaquette a été éditée.

Le soir, au restaurant, je rencontre attablés à côté de moi, deux pèlerins allemands, l'un des deux a soixante-dix ans passés. Ils semblent assez frais. Et m'expliquent qu'ils viennent d'arriver en taxi depuis La Mesa. Un groupe d'espagnols avaient rempli l'albergue. No sitio. Ils viennent de Trier, près de la ville où est née Michèle, ma mère. Je suis émue en leur parlant de Wittlich. J'apprendrai plus tard leurs noms, Joachim et Adolf. Oui, comme. Lourd héritage. Joachim parle un peu l'espagnol, assez bien le français. Adolf ne parle pas, il a l'air très bon.

Quand je rentre du souper, des duvets recouvrent deux lits mais leurs occupants ne sont pas présents. Des affaires sont étendues en travers de la pièce. Je regarde dans le livre d'or. Il s'agit de Carlos, 34 ans, Oviedo, et Sergio, 34 ans, Ponferrada. Ils rentrent alors que j'éteins la lumière. Je suis soulagée de ne pas dormir seule ce soir dans cette aberge cradingue, froide et humide.

La calefaccion fait un boucan d'enfer. Mon sommeil est de plus en plus léger.

 





L’aventure du jour

Le jour des chutes, celle d'Antonio puis deux heures plus tard la mienne! (la seule ouf).

 

Les détails insolites du jour

Graffiti pèlerin sur la porte de l'albergue San Salvador.

Celtitude.

Revendication.
 


















































































































La photo fleur bleue du jour

Pèlerins dans la brume.

 


L’humeur du jour

Les relations entre Antonio et Alejandro sont tendues, le ciel est bas, les cafés ont mis la clef sous la porte. L'humeur est pesante. Mais je fini l'étape par un joli sentier. Je rencontre les allemands. J'appelle mon père. D'autres pèlerins s'installent dans l'albergue. Je me couche plus sereine.

 















































Le conseil pratique du jour

Evites le mauvais temps pour partir pèlerin(e).

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Mi Camino dia a dia

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